dimanche 2 octobre 2011

Santa Fe

Me voici à Santa Fe. Et avec le Nouveau Mexique, j'ai mis fin à l'intermède de verdure et de montagnes du Colorado, pour retourner dans les régions arides. Mais il y a une différence avec les déserts du Nevada, de l'Arizona et de la Californie. Au moins, ici, il y a de l'eau dans certaines rivières. Ce ne sont pas que des lits de torrents asséchés. J'ai franchi le Rio Grande qui n'est pas si Grande que ça dans ce coin-ci. Mais il y a, ici aussi, des rivières sans eau, la rivière Sante Fe dont le lit est situé au centre-ville en est un exemple. C'est un affluent du Rio Grande. Avec des affluents comme ça, pas étonnant que le Rio Grande (supposément un fleuve) ne soit qu'une toute petite rivière qu'un enfant peut traverser à gué sans danger.

La journée n'a pas été passionnante. De la route ponctuée d'un arrêt le midi pour casser la croute dans un restaurant de Chama, un endroit typiquement Far West, très loin des sentiers touristiques. J'ai pris un BLT croyant que, comme chez nous, il s'agissait d'un sandwich aux tomates agrémenté d'un morceau de bacon pour rehausser la saveur. J'ai plutôt eu droit à un sandwich au bacon, agrémenté d'une maigre tranche de tomate et d'un peu de laitue. On voyait dépasser le bacon tout le tour du sandwich et il en tombait dans l'assiette à chaque bouchée. J'ai laissé du bacon.


Je pense que je vais aimer Santa Fe. J'y suis allé faire une promenade au souper. La ville est beaucoup plus petite que je le croyais (population, 62 000). Pas d'édifice en hauteur, ni de skyline qu'on aperçoit au loin. Je n'ai pas vu d'édifices de plus de trois étages. Mais cette taille restreinte contraste avec un richesse culturelle et artistique inhabituelle. Il y a ici plein de galeries d'art et de musées. Les boutiques vendent toutes sortes d'objets intéressants et pas que des t-shirts. Je me donne la journée de demain pour découvrir cette ville fondée par les Espagnols en...1608.

samedi 1 octobre 2011

Cliff Palace

J'ai finalement su le nom du serpent rencontré hier: un garter snake. Je vous laisse vous débrouiller avec la traduction française. Garter snake correspond en fait à une catégorie qui regroupe nos couleuvres. Rien de bien terrifiant. C'est une ranger qui m'a donné cette information après que je lui eus décrit ma rencontre. En fait, dans le parc Mesa Verde (et probablement dans la plus grande partie du Colorado), il n'y a que les serpents à sonnette qui sont venimeux, et je n'en ai toujours pas vu.

Comme prévu, je suis retourné au parc Mesa Verde. Bien que j'y aie passé toute la journée d'hier, je n'étais pas encore allé visiter Cliff Palace, le plus gros ensemble de bâtiments de pierre qu'on retrouve dans le parc. Pourquoi ai-je levé le nez sur cette visite hier? Parce qu'il faut obligatoirement faire parti d'un groupe accompagné d'un guide et que ça ne me disait rien d'être avec un groupe. J'ai donc préféré aller aux autres endroits à mon propre rythme. Mais quand j'ai su que pour visiter ce site, il fallait grimper dans des échelles à même la falaise, ça m'a tout de suite attiré. Je me suis donc à nouveau pointé dans le parc ce matin (c'est-à-dire que je me suis retapé les 15 milles de voiture à flanc de falaise!). Et j'ai bien fait d'y retourner puisque la guide était vraiment extraordinaire. Elle nous a, en fait, donné un cours d'une heure sur le peuplement des indiens de cette région et à qui l'on doit ces extraordinaires maisons accrochées à la montage. On y apprend que les indiens de Mesa Verde avaient établi deux types de peuplement: des maisons bâties au sol, ce qui était le type de construction le plus commun et des villages installés dans des alcôves à même la falaise. Cliff Palace fait partie de cette dernière catégorie et date du XIIIe siècle.




Après cette visite, j'ai fait une randonnée de quatre kilomètres dans la forêt, toujours dans le parc Mesa Verde. Un beau sentier qui descend au fonds d'un canyon et qui remonte, puisqu'il le faut bien. Après quoi, j'ai pris la route jusqu'à Durango, un peu plus à l'est. C'est une petite ville des montagnes du sud-ouest du Colorado qui fait un peu cowboy. Au fait, c'est très joli et assez touristique. Comme il était un peu tard pour reprendre la route et faire une longue distance, je me suis donc arrêté à l'Econo Lodge de la place. Avec le nombre de chapeaux de cowboy qu'on voit sur la rue, ce sera sûrement du steak au menu ce soir. Serai-je tenté un jour par le steak de 24 onces?

Demain: Santa Fe.

vendredi 30 septembre 2011

Mesa Verde

Il était là, en travers du sentier, à peine un mètre devant moi. Fort de mes connaissances acquises au musée du désert de Sonora, j'ai tout de suive vérifié. Il n'avait pas de sonnette et, ma foi, il n'était pas très gros. La grosseur d'un doigt, peut-être. Je ne peux pas vraiment dire la longueur puisqu'il avait une partie du corps enfouie dans le sol. J'imagine qu'au total, il faisait une cinquantaine de centimètres. Et il avait de beaux motifs, de noirs et de blanc. Richard, à qui j'en ai parlé en primeur aujourd'hui, m'a demandé si c'étaient des motifs de sacoche. Ma foi, c'est peut-être une bonne description. Quoi qu'il en soit, mon pouls s'est accéléré, je me suis arrêté et, comme il fallait bien que je poursuive mon chemin, j'ai tout simplement continué. Le serpent n'a pas bougé. J'ai tout de suite regretté de ne pas avoir pris avec moi mon appareil-photo, ayant jugé ce sentier trop court.

Cette rencontre, elle s'est passée au parc national Mesa Verde dans le sud-ouest du Colorado. Et c'est tout un parc. Je croyais avoir tout vu avec la fameuse route 12 en Utah, et qui avait donné tant d'émotions à mes passagers. C'était de la petite bière. En fait, le parc de Mesa Verde est situé sur un haut plateau (une mesa) et, pour s'y rendre, il faut parcourir 15 milles (pas des kilomètres!) sur une route en lacets à flanc de montagne avec tous les virages en épingles que ça implique et où il y a toujours un précipice d'un côté ou de l'autre. Et comme souvent, il n'y a pas de garde-fou, il faut demeurer bien concentré sur la route. J'aurais pourtant bien aimé regarder le paysage, mais il est impossible de s'arrêter sur cette route sans accotement.

Une fois en haut, on est récompensé par les vues superbes qui s'offrent à nous et par les trésors culturels qu'on y retrouve. Mesa Verde est reconnue pour ses habitations en pierre construites par les Indiens Pueblos à même les falaises. Il y en a beaucoup et ce sont de véritables villages qui ont ainsi été construits. La visite du parc prend au moins une journée. Je compte y retourner demain. J'ai repéré un sentier de randonnée qui m'intéresse. Après quoi je poursuivrai ma route vers le Nouveau-Mexique.  



jeudi 29 septembre 2011

Monument Valley

Pour ceux et celles qui ont lu mon message d'hier sans les photos, je vous invite à y retourner, car j'ai enfin pu les charger.

Comme prévu, je me suis rendu à Monument Valley, le site le plus représentatif de l'Utah. Grandiose est le mot. En fait, contrairement aux parcs nationaux visités jusqu'à maintenant, Monument Valley peut, à la limite, se visiter sans sortir de sa voiture. La route traverse ce vaste paysage sur environ quinze kilomètres. Comme il s'agit d'un très vaste espace qui nous enveloppe, on voit tout.




Ce site magnifique est stitué en territoire Navajo. Ce n'est ni un parc national, ni un monument national, contrairement à ce que je croyais au point de départ. On voit d'ailleurs que c'est géré différemment. Ainsi, de la route principale, un chemin de quatre milles nous amène jusqu'à un centre d'information. Toutefois, une fois rendu là, on est un peu dans un cul de sac. Pour aller plus loin, il faut s'inscrire à un tour organisé avec un guide. Sinon, il faut accepter de faire un petit bout de chemin avec sa voiture sur une route de terre battue qui mène à une tête de sentier. J'ai vite rebroussé chemin après m'être engagé sur cette route. J'ai eu peur d'y laisser une roue.

En fait, j'ai eu l'impression que si la route est si vilaine, c'est pour nous inciter à acheter les services d'un guide. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire la comparaison avec les parcs nationaux où on offre un excellent service, sans nous faire ressentir cette pression mercantile.

Une fois passé Monument Valley, je me suis dit que ce serait plus ordinaire par la suite. Bien non, le paysage, tout en étant différent, a continué d'être grandiose. Des paysages à couper le souffle sur cent kilomètres de plus. Et on n'est même pas dans un parc, juste sur des routes secondaires.

J'ai terminé la journée à Cortez au Colorado. Je ne savais pas que cette ville existait avant de l'avoir pointée sur la carte hier. C'est tout près du parc national Mesa Verde où je me rends demain.

J'ai soupé dans un pub country. J'ai même eu droit à un vedette locale qui a poussé quelques tounes, dont Rocket Man de Elton John, chanté à la façon country.

Souhaitez-moi bonne nuit, car il y a présentement un groupe de jeunes Allemands dans les chambres autour sur l'étage, et le party est pris. Que des jeunes, pas de parents. Les portes claquent, on s'interpelle dans le corridor, les filles crient, bref j'ai hâte que ça cesse. J'espère que l'alcool et la baise vont finir par les endormir. Je me suis plaint à la réception. On verra bien ce que ça va donner.

mercredi 28 septembre 2011

Le désert de Sonora

Tel que recommandé par le guide du parc national des saguaros, je me suis pointé, tôt aujourd'hui, au musée du désert de Sonora de l'Arizona, c'est-à-dire à 8 h 30. Il m'avait suggéré de le faire tôt parce que les animaux sont plus actifs le matin lorsqu'il ne fait pas trop chaud. L'endroit ouvre d'ailleurs ses portes à 7 h. Il faut croire qu'il était déjà trop tard puisque bon nombre d'animaux s'étaient déjà réfugiés dans leur tanière ou, du moins, à l'ombre des regards des visiteurs.

Je considère cette visite comme un des faits saillants du voyage. C'est l'endroit à visiter à Tucson, peut-être avant même le parc national des saguaros. L'endroit est en fait un centre d'interprétation de la faune, de la flore, de la géologie et même de la climatologie du désert de Sonora. Alors que je m'attendais à y passer une heure, j'en suis ressorti seulement à midi trente. J'ai beaucoup appris durant cette visite. Par exemple, je connais maintenant la différence entre l'agave et le yucca. Je sais aussi qu'il n'y a pas qu'une espèce de serpent à sonnette en Arizona, il y en a plus d'une dizaine. Et c'est sans compter les autres serpents sans sonnettes. J'ai également appris que les scorpions ont un certain lien de parenté avec les araignées. Et il y a des dindes en Arizona. Finalement, il ne faut pas confondre le désert de Sonora (Arizona, sud de la Californie et Mexique) avec celui de Mojave (centre de la Californie et Nevada).

J'ai plusieurs fois pensé à mon frère Michel qui connaît tous les oiseaux par leur petit nom, en français ou en latin. Il aurait été fasciné par ce qu'il aurait vu dans la volière et aussi par les autre animaux que l'on peut voir. Pour ma part, ça m'a permis de prendre plusieurs photos d'animaux sans devoir attendre les hasards des rencontres dans la nature sauvage.






En plus des animaux qui sont nécessairement confinés dans des espaces limités (on ne peut quand même pas laisser les loups avec les dindes!), on peut croiser sur son chemin des animaux parfaitement sauvages, puisque ce qu'on appelle le musée du désert est situé à l'extérieur. J'y ai vu un lézard d'au moins 30 cm, qui s'adonnait à passer par là. On peut y retrouver aussi des serpents et il y a des avis qui nous invitent à la prudence à ce sujet. On retrouve d'ailleurs ces avis un peu partout en Arizona, y compris dans les haltes routières. Le truc, c'est de regarder où on met les pieds et les mains. Il faut surtout faire attention aux roches ou aux fissures puisque les serpents et les scorpions aiment s'y mettre à l'abri.

Tucson aura été l'endroit le plus méridional de mon voyage. D'ici, on peut voir les montages du Mexique à cent kilomètres plus loin. De Tucson, j'ai filé jusqu'à Flagstaff., en ligne droite vers le nord. C'est étonnant comme le paysage et la température peuvent changer en se déplaçant de seulement quelques centaines de kilomètres. Alors qu'à Tucson, la température oscillait autour de 35°C et qu'on était dans le désert, à Flagstaff, il fait présentement 11°C et c'est la forêt. L'explication: Tucson est à mille pieds d'altitude et Flagstaff à 7000.

Au programme demain: Monument Valley.

mardi 27 septembre 2011

Les saguaros

Les saguaros, ce sont ces cactus géants emblématiques du sud de l'Arizona. On en retrouve des forêts dans le parc national des saguaros, près de Tucson, que j'ai visité aujourd'hui. Une route panoramique et quelques sentiers de la nature permettent de saisir toute la majesté de cette végétation désertique. Celle-ci, contrairement à ce qu'on pourrait penser, est très riche On est impressionné par la diversité de la flore. Les saguaros ne sont pas confinés au parc, on en retrouve un peu partout dans la région, y compris aux abords de l'autoroute, sur des terrains privés ou dans les entrées de postes d'essence. Ils sont d'ailleurs protégés par l'État, partout sur le territoire de l'Arizona.




Aujoud'hui, faute d'avoir vu un road runner, j'ai vu un coyote. Comme j'étais en voiture, il n'a, bien sûr, pas attendu que je me stationne et que je sorte mon appareil-photo. Il marchait vite le coyote. Et, je n'ai toujours pas vu de serpents à sonnettes ou de scorpions. À ce propos, il faut ajouter une autre espèce au chapitre des vilaines bêtes: le monstre de Gila, un lézard venimeux, qu'on serait susceptible de rencontrer sur notre chemin par ici.

Concernant la planification du voyage, j'ai changé mes plans. Plutôt que de filer vers l'est dans la partie sud des États-Unis, je vais plutôt remonter vers le nord dès demain. Mon objectif est de passer à deux endroits que nous n'avions pas pu voir, lorsque nous étions quatre: Monument Valley et le parc national Mesa Verde. Je vais donc aller à ces deux endroits, pas très loins l'un de l'autre. Après quoi, je me rendrai à Santa Fe. Après Santa Fe, je filerai sur l'autoroute I-40 jusqu'aux Appalaches. Ce sera ensuite la remontée vers Montréal.

Pour ce qui est de la journée de demain, je vais aller visiter le musée du désert de Sonora situé tout près du parc. Un employé du parc me l'a conseillé. En fait, il m'a précisé que le terme «musée» est trompeur pour décrire l'endroit. Il s'agit en fait, à la fois d'un jardin botanique et d'un zoo, spécialisés dans la flore et la faune du désert de Sonora, nom que l'on donne au désert du sud de l'Arizona.

lundi 26 septembre 2011

Les arbres de Josué

Aujourd'hui était journée de randonnée pédestre dans le parc national de Joshua Tree, près de Palm Springs. En fait pour ceux qui ne connaisse pas l'arbre de Josué, celui-ci pousse dans le désert de Mojave et appartient à la famille du yucca. En fait, je trouve qu'il ne ressemble à aucune autre espèce et j'ai trouvé fort impressionnant de marcher parmi tous ces arbres que l'on retrouve en grand nombre dans le parc. L'arbre de Josué n'était pas vraiment une découverte du jour, puisque nous en avions vus en Arizona, sur le chemin pour Las Vegas. Mais ici, ils sont particulièrement nombreux et gros.



J'ai passé une partie de la journée dans le parc. J'y ai vu des cailles sauvages. Comme je ne savais pas trop ce que c'était et que l'espèce de couette en l'air qu'elles ont sur le dessus de la tête pouvait me faire penser qu'il s'agissait de Road Runners, je me suis informé au personnel du parc. Hélas, il ne s'agissait pas de Road Runners, mais plutôt du colin de Gambel (Gambel's Quail) ou, si vous préférez de Callipepla Gambelii. J'ai bien tenté de les photographier, mais ces drôles d'oiseaux bougent tout le temps et se déplacent rapidement au sol.


En sortant du parc, j'ai tourné vers l'est et il était indiqué qu'il n'y aurait pas de services pendant les cent prochaines milles. Heureusement que j'avais assez d'essence. Cette route de cent kilomètres était faite de quelques très longs tronçons qui semblent se prolonger à l'infini dans le désert. Et une route où j'étais presque seul. Et où le téléphone cellulaire ne fonctionne pas. Et où j'ai vu des vautours sur le bord de la route. Des urubus, peut-être? J'ai terminé la journée à Blythe, près de la frontière de l'Arizona, une ville dont le seul intérêt est d'offrir des services près de l'autoroute.

Demain, je serai donc de retour en Arizona.